lundi 20 septembre 2010

Eco-logique, de la prise de conscience à la prise de contact.


Cela fait un bon moment que je réfléchis aux moyens que nous pouvons mettre en oeuvre pour nous extraire du système agro-alimentaire actuel, parce que n'en peux plus de manger des tomates calibrées. Oui, je veux devenir punk-chien, si vous voulez. Je veux porter fièrement un anneau bovin qui relient mes narines de consommatrice comme signe distinctif de ma volonté d'échapper à la mise en pâture. Et aussi, hurler la crasse du monde en buvant des Amsterdam l'oeil éteint. En fait, idéalement, j'aimerais refuser qu'on me traie de ma substance. Et pleurer librement sur la tombe des héros de notre époque tous morts-nés.

Bon plus sérieusement. L'écologie et ce word cloud qui l'entoure sont des points qui m'intéressent beaucoup mais j'ai du mal à structurer ma pensée. Je manque de maturité quant au réceptacle des divers supports que j'ai pu étudier.
Au sujet de l'industrie agro-alimentaire, j'ai regardé moult documentaires, de manière dispersée, lu un bon nombre d'articles, et aspiré tellement de points de vue différents, liés à des contextes historiques, géo-politiques, sociologiques, de l'ordre de l'individualisme, que ma réflexion est entravée et difficilement claire. Car à vrai dire, après avoir pris connaissance de tout cela, que faire ? Par où commencer ?

Je ne veux rien garder de super-flux. Juste cette peur au ventre de savoir que la nature ne survivra pas à nos attaques. Que nous sommes sortis de nos gongs pour faire de notre éco-système le simple esclave de nos besoins. Ou surbesoin qui nous laisse à penser que notre vide d'Homme sera comblé par des marchandises qui vont et viennent dans nos âmes pour s'y fixer.
Acheter fonctionne de la même manière que le LSD. L'acquisition compulsive d'objets vient se fixer sur nos récepteurs de sensations, et se substitue à de réelles envies. L'effet étant de courte durée, il faut alors recréer, innover, surpasser les lois de la nature.
Il faut rendre les gens heureux, leur trouver un rôle dans la société du spectacle avec une place sur scène qui ne leur permette pas d'entrevoir les ficelles qui les meuvent. Il faut leur montrer du bonheur coloré, du rêve en bouteille de 75ml, des packs de sourires et un confort de vie et de conduite installés au volant d'une toute nouvelle voiture. Il faut leur offrir un produit qui guide chaque minute de leur quotidien, il ne faut laisser aucun blanc dans la partition. ( Les murs de ma joie sont faits de purée mousseline ) Il faut compacter le temps, qu'ils finissent par croire que l'eau a toujours été dans le robinet, que le steak pousse sur un arbre et que le poisson pané possédait déjà cette forme carrée quand il a été pêché.

Et je ne m'extraie pas de mon discours. A quand remonte la dernière fois où j'ai penser à une chèvre ou une vache en buvant mon lait le matin, impassible, assise devant ma brique de carton ? Je me surprend même à pester quand un produit n'est plus en rayon, sans même songer un seul instant aux étapes de fabrication du produit, qui vient probablement des 4 coins du globe.
Alors évidemment, installée dans un meublé Ikea, tapotant sur un écran de Notebook, sirotant de l'eau en plastique pendant que je déblatère comme une mémé, vous allez me trouver un peu gonflée de vous parler de mes aspirations héroïques pour une décroissance.

Et je crois que tout le problème vient de là. Nous sommes si bien ancrés dans une société de consommation qui nous berce comme une douce mère, qui englobe si bien notre vie quotidienne, que la seule volonté de trouver une alternative implique de faire table rase. Je pense qu'il faut faire un historique rapide et prêter attention à tout ce qui nous semble désormais naturel et nécessaire.

On mange des pêches en hiver il y'a des mangues au Pôle Nord on produit des animaux pour les manger on accélère le temps la production il en faut plus on fait des expériences on triture la nature les poulets sous plastique depuis des mois pas inquiétant on a instauré des dates de péremption il y'a les moyens de transports supersoniques bientôt la voiture sans conducteur youpi on emballe l'emballage de l'emballage de l'emballage des denrées on transporte cela sur des kilomètres on importe on exporte on congèle on transporte on décongèle on colore on rajoute des ingrédients on modifie génétiquement on est les rois du pétrole AAAAAAAAAAAHAHAHA on bétonne on modifie le paysage on déboise eau non potable on pollue on s'en fouuuuuuut taxes l'argent n'a pas de frontière transactions tout est un produit nécessaire on en a besoin flux incessants on produit du carton du plastique ça s’amasse ça grouille d'objets, ça ne fonctionne plus on jette on rachète vitesse technologie ça fourmille ça brille c'est neuf on le désire ça remplit nos têtes mais pour les remplir d'objets il faut les vider de leur capacité de penser on incise on remplace tout par des machines robotisé automatisé on coupe des arbres on vit sur internet ça va vite on peut acheter plus vite encore on scanne de manière autonome on va au supermarché on a plus besoin de marcher tout est là le monde à notre portée on peut tout trouver c'est géniaaaaaaaaaaal HAHAHAHHAAAAAAAAAA

EST-CE QUE QUELQU'UN A DES IDÉES BRILLANTES ? Des idées ? Je suis prête à polir, à faire reluire. (phrase de fin qui va rameuter du peuple sur mon blog. Pas besoin d'avoir fait de la stratégie de communication pour le comprendre.)



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