Note personnelle : ce post n’a ni queue ni tête. Parfois je délaisse parfois je déleste.
Nos vies sont régies par nos divers statuts FB, et plus l’inverse, (début théâtral et consensuel, j’avais prévenu). J’utilise l’outil social informatisé comme processus de création d’un moi collectif (Dissonance et paradoxe). Je n’existe plus sans. Au même titre que sans l’information médiatique ou actualité sulfureuse dans un flux ininterrompu télévisé ou radiophonique en voiture hybride, les guerres, les effondrements de tours jumelles, les séismes, les attaques à burqa armée, Holocauste et autres drames internationaux n’ont jamais eu lieu. C’est Susan Sontag qui l’a dis. Je ne fais que spéculer à sec. Si vous êtes en colère, et pensez que mon discours et une forme désobligeante de négationnisme, vous avez tort. Mais insultez-moi en allemand, par mail.
Je n’arrive plus à me dissocier de notre société, je suis un maillon de la chienne chaine. Je me demande jusque quand j’arriverais à maintenir la tête de ma réflexion autonome hors de l’eau nauséabonde de ce système mercantile. Bon, ma volonté n’est pas de produire un discours type voix-off de l’incipit de Fight club dans une critique nihiliste irritante. Mais c’est réellement angoissant. Mon élan de marginalisation est au stade primitif, je n’arrive pas à pousser mon premier cri, encore engluée dans le placenta archétypal d’une vie rangée. Il faut que les choses changent (Hitler disait ça aussi). Je n’arrive pas à trouver ma voie, à m’insérer dans un parcours professionnalisant qui me passionne. Tracez-moi, modelez-moi. J’ai peur du monde.
Et puis j’ai un trop plein pictural. Cette sphère visuelle me soûle. Il y’a trop d’images, beaucoup trop, ça déborde de partout. C’est salissant, je mets des gants. Hier, je rentrais à Milan dans un bus bariolé, et j’ai vu un immense panneau d’affichage : locations de bureaux, avec numéro de téléphone et tutti quanti, grossièrement pendu sur les murs joufflus d’une église. Tilt. Il n’y a plus d’équilibre. Vous me direz, on peut décemment transformer un autel en bureau Ikea, il suffit de le ponce-pilater pour en arrondir les angles. Pardon. Jésus lui-même y faisait ses devoirs après l'école. "Je golgotai, tu golgotas, il Golgotà". Il a d'ailleurs pester quand il a du s'entraîner à écrire avec des trous dans les mains, il tâchait tous ses cahiers. Hihi.
Je reprends mon discours crispant, pendant que la nature crie sa douleur d’une bouche sulfureuse qui s’entrouvre sur une publicité suggestive, insolemment collée sur un monument historique. Quand je consulte mes mails, j’assiste à un foisonnement d’hyper ciblages publicitaires insidieux qui me renvoient automatiquement à mes peurs, affichant des liens tels que des sites d’orientations scolaires, de trucs et astuces pour vivre sans argent en 2011, de détournement de proxy pour regarder du porno malgré la censure de ma résidence, ou de crèmes amincissantes pour les pieds. Pour le dernier exemple, private joke, comprendra qui pourra. D’autres pourront avoir des publicités de remodelage de corps avant/après, de fesses moins capitonnées (je ne vise aucun fauteuil en particulier). Les images deviennent nos miroirs à problèmes, nos psychiatres apathiques, les analyses psychologiques que l’on a jamais demandées.
Il n’y a plus de frontières, les images se glissent dans les failles, dévorent tout sur leur passage, comme des gros bulldozers. Elles fourmillent et lézardent nos libertés dans un tremblement excessif de couleurs criardes et de polices étudiées. Ces agressions visuelles forment un kaléidoscope infernal dans mon esprit. Un amoncellement de cadavres de mes fois en l’humain jonche mon parterre aseptisé. J’ai mi foi au pluriel, que les communautés religieuses s’indignent. Je découperai volontiers le fruit défendu pour en faire une tarte aux pommes pour courroucer les puissances divines et recevoir bien plus que la maladie, la haine d’autrui, la violence, les juifs, les guerres puniques, le mal-être social, la pauvreté et les talons aiguilles. Bravo le veau (d’or). Pied de page, pied de nez. Je ne finirai pas ce post parce que le péché originel nous a aussi affublés d’une flemme générationnelle. Facile.

