mardi 26 janvier 2010

Moti-ovation.

Retour en Ritalie. J'ai survécu au train de nuit Paris-Milan, sa fournée de regards lubriques, et ses voyageurs à l'affut d'une orgie nocturne de compartiment. Je suis décemment prête à accomplir de grandes choses. Je planifie mes révisions toute la sainte journée, je fais des schémas, j'analyse le temps, je fourre tout ça dans des grandes cases. Je ne souffre plus de procrastination, dès lundi.

Je mange avec des gens nobles. Je rattrape le temps perdu, ma bonne Coline est mon flux RSS Erasmus.
J'écoute des barbouillages de silence en multilingue, c'est délicieux. Ça y' est, je pense à une vie décadente, l'adoration du volubile. Je pense à la Toscane, au carnaval de Venise, à la vie de bohème, chauffée au gaz Dolcevita. Je pense à mon crayon rouge-passion laissé à Poitiers.

Je respire l'air agréable de cette ville industrielle et clinquante qui se fait mienne, qui se courbe sous ma volonté d'être bien.
Ici la bonne humeur règne, les anecdotes élégantes, remplies d'alcool fort et de sexualité avec des mineurs/animaux affluent, je suis dans mon élément, les éléphants n'ont qu'à bien se tenir.

Je dois étudier. Je dois fouiller le monde pour trouver ma voie, ma voix s'éteint. Foutre. Il faut que je change l'ampoule.
Mon bureau est jonché de livres. ça sent la lessive et le café corsé.
Il y 'a aussi mon ordinateur. C'est ma plus grande faiblesse, d'ailleurs j'en parle comme s'il faisait partie de moi. Je passe le cap, je m'en détourne. Va t'en.
J'ouvre les yeux il est toujours la, mièvre et souriant, il me tend sa souris, la place sous ma main, clignote de l'écran. "Bordel laisse-moi tranquille tu gâches mon avenir, tu lacères ma motivation, tu ne respectes rien."

Je sens qu'il me répond que j'ai le choix.
Assurément, et c'est bien ça le problème, le choix. Enfermez-moi dans une pièce avec un stylo. Faites taire mes outils sociaux, mon papillonnage incessant sur Wikipédia qui m'abreuve de savoir comme une mémoire cache qui se vide au bout d'un laps de temps très limité.

C'est la grande soupe de mes faiblesses que je slurrrp à la cuillère comme un légume aseptisé de maison de retraite nourri par une infirmière mécanique. Mon esprit volète, je suis obsolète.
Stéthoscope.

Technologie, tu es le mal, tu es à mon existence ce que le pouvoir est dans les mains de tout homme, je t'haine, suppôt de Satan.
Je vais lire Le portrait de Dorian Gray. Puis faire des crises de somnambulisme aiguës pour faire peur à ma polonaise. En hébreu.

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