Il existe un endroit fantasmagorique, épicentre de toute débauche, ici, à Milan. Je tiendrai secret le nom de l'établissement pour le respect de tous.
L'on s'y rencontre pour discuter, s'écouter, partager, s'enfumer, et parfois même, la nuit venue, pour copuler. Parapluie.
La décoration est feutrée, soit quelques cadavres de bouteilles qui jonchent le sol, un vieux téléphone, et des plants de menthe qui se dessèchent sur le comptoir.
Les fréquentations sont délicieuses, décadentes, les anecdotes internationales. Les harengs trempés dans du café sont plus sains que les tartines mouillées de chocolat chaud, le matin.
On y écoute des bouses musicales sous l'œil horrifié des anglais, mais aussi d'excellents disques, des sons psychédéliques.
On gesticule, on fait des aveux étonnants puis on se mord les lèvres.
Vient une heure où Serge Gainsbourg enflamme les français, qui, patriotiques, finissent par chanter du Sardou, une main sur le coeur, l'autre sur la bouche de ceux qui chantent faux.
L'eau gazeuse, le citron et le sucre roux, ont disparu depuis longtemps des Mojito, seul le rhum subsiste et enivre les esprits.
Le service est soigné, la maîtresse de maison, hédoniste, sait se faire discrète.
Elle s'exile la plupart du temps, dans ce qu'on peut prendre pour un bureau, avec un assistant différent chaque semaine, et feint d'être étudiante en philosophie.
Amateurs de camomille et masculins, les gérants, dont la chambre est à côté du bureau de Madame, dorment ensemble sous le regard tendre d'un Jésus baignant dans un vieux poster de triptyque religieux et de ce bon vieux Mussolini, affichés à côté d'une croix de cristal, imposante, qui écrase la pièce.
Sur la table de chevet, une collection de livres sur l'avortement, le génocide inavoué, le blasphème incombustible, conservée droite et fière par un aigle en acier qui surplombe le tout.
Bref, un endroit parfait pour que des couples profitent du lit King size et ne soient qu'amour et fascisme sexuel le temps d'un songe, avec la bénédiction des propriétaires. Ou pas.
C'est pour cela que l'appareil photo de la gérante regorge de photographies du lit à l'état initial, avec les ébats divers et variés, pour mémoriser la position exacte des draps et les poils pubiens qui étaient déjà la. Le fétichisme des draps, homosexualité, le combat du tabou, et les affiches néo-nazis remplissent le lieu et lui confèrent une aura inquiétante mais agréable.
Le lendemain, on se réveille, les yeux collés, l'anus douloureux. Le ménage doit être accompli avant que les cinglés machistes de Verona débarquent, sinon ce pourrait être une situation extrêmement difficile à gérer.
Bref, une adresse à recommander.
L'on s'y rencontre pour discuter, s'écouter, partager, s'enfumer, et parfois même, la nuit venue, pour copuler. Parapluie.
La décoration est feutrée, soit quelques cadavres de bouteilles qui jonchent le sol, un vieux téléphone, et des plants de menthe qui se dessèchent sur le comptoir.
Les fréquentations sont délicieuses, décadentes, les anecdotes internationales. Les harengs trempés dans du café sont plus sains que les tartines mouillées de chocolat chaud, le matin.
On y écoute des bouses musicales sous l'œil horrifié des anglais, mais aussi d'excellents disques, des sons psychédéliques.
On gesticule, on fait des aveux étonnants puis on se mord les lèvres.
Vient une heure où Serge Gainsbourg enflamme les français, qui, patriotiques, finissent par chanter du Sardou, une main sur le coeur, l'autre sur la bouche de ceux qui chantent faux.
L'eau gazeuse, le citron et le sucre roux, ont disparu depuis longtemps des Mojito, seul le rhum subsiste et enivre les esprits.
Le service est soigné, la maîtresse de maison, hédoniste, sait se faire discrète.
Elle s'exile la plupart du temps, dans ce qu'on peut prendre pour un bureau, avec un assistant différent chaque semaine, et feint d'être étudiante en philosophie.
Amateurs de camomille et masculins, les gérants, dont la chambre est à côté du bureau de Madame, dorment ensemble sous le regard tendre d'un Jésus baignant dans un vieux poster de triptyque religieux et de ce bon vieux Mussolini, affichés à côté d'une croix de cristal, imposante, qui écrase la pièce.
Sur la table de chevet, une collection de livres sur l'avortement, le génocide inavoué, le blasphème incombustible, conservée droite et fière par un aigle en acier qui surplombe le tout.
Bref, un endroit parfait pour que des couples profitent du lit King size et ne soient qu'amour et fascisme sexuel le temps d'un songe, avec la bénédiction des propriétaires. Ou pas.
C'est pour cela que l'appareil photo de la gérante regorge de photographies du lit à l'état initial, avec les ébats divers et variés, pour mémoriser la position exacte des draps et les poils pubiens qui étaient déjà la. Le fétichisme des draps, homosexualité, le combat du tabou, et les affiches néo-nazis remplissent le lieu et lui confèrent une aura inquiétante mais agréable.
Le lendemain, on se réveille, les yeux collés, l'anus douloureux. Le ménage doit être accompli avant que les cinglés machistes de Verona débarquent, sinon ce pourrait être une situation extrêmement difficile à gérer.
Bref, une adresse à recommander.

