dimanche 31 janvier 2010

Au café des collines.

Il existe un endroit fantasmagorique, épicentre de toute débauche, ici, à Milan. Je tiendrai secret le nom de l'établissement pour le respect de tous.
L'on s'y rencontre pour discuter, s'écouter, partager, s'enfumer, et parfois même, la nuit venue, pour copuler. Parapluie.

La décoration est feutrée, soit quelques cadavres de bouteilles qui jonchent le sol, un vieux téléphone, et des plants de menthe qui se dessèchent sur le comptoir.
Les fréquentations sont délicieuses, décadentes, les anecdotes internationales. Les harengs trempés dans du café sont plus sains que les tartines mouillées de chocolat chaud, le matin.

On y écoute des bouses musicales sous l'œil horrifié des anglais, mais aussi d'excellents disques, des sons psychédéliques.
On gesticule, on fait des aveux étonnants puis on se mord les lèvres.
Vient une heure où Serge Gainsbourg enflamme les français, qui, patriotiques, finissent par chanter du Sardou, une main sur le coeur, l'autre sur la bouche de ceux qui chantent faux.

L'eau gazeuse, le citron et le sucre roux, ont disparu depuis longtemps des Mojito, seul le rhum subsiste et enivre les esprits.

Le service est soigné, la maîtresse de maison, hédoniste, sait se faire discrète.
Elle s'exile la plupart du temps, dans ce qu'on peut prendre pour un bureau, avec un assistant différent chaque semaine, et feint d'être étudiante en philosophie.

Amateurs de camomille et masculins, les gérants, dont la chambre est à côté du bureau de Madame, dorment ensemble sous le regard tendre d'un Jésus baignant dans un vieux poster de triptyque religieux et de ce bon vieux Mussolini, affichés à côté d'une croix de cristal, imposante, qui écrase la pièce.

Sur la table de chevet, une collection de livres sur l'avortement, le génocide inavoué, le blasphème incombustible, conservée droite et fière par un aigle en acier qui surplombe le tout.
Bref, un endroit parfait pour que des couples profitent du lit King size et ne soient qu'amour et fascisme sexuel le temps d'un songe, avec la bénédiction des propriétaires. Ou pas.

C'est pour cela que l'appareil photo de la gérante regorge de photographies du lit à l'état initial, avec les ébats divers et variés, pour mémoriser la position exacte des draps et les poils pubiens qui étaient déjà la. Le fétichisme des draps, homosexualité, le combat du tabou, et les affiches néo-nazis remplissent le lieu et lui confèrent une aura inquiétante mais agréable.

Le lendemain, on se réveille, les yeux collés, l'anus douloureux. Le ménage doit être accompli avant que les cinglés machistes de Verona débarquent, sinon ce pourrait être une situation extrêmement difficile à gérer.

Bref, une adresse à recommander.

samedi 30 janvier 2010

The knife

L'album Silent Shout (2006) est à mes yeux, enfin à mon appareil auditif, un magnifique prologue notable, de la pléiade offerte à nos oreilles engourdies par le familial The knife.

Si les visages de ces deux suédois sont souvent masqués dans leurs prestations scéniques, leur musique elle, tant bien mystérieuse que spontanée, est totalement dévoilée, sans aucune entrave auditive.

Le mélange des genres est osé, et l'excellent Silent Shout, première piste de l'album, est une mixture initiale qui montre que les ingrédients utilisés rassasient une faim de puissance rythmique.

Le faciès de leur musicalité est parfois dur, parfois détendu.
Ses traits sonores sont d'acier ou moelleux, et sa bouche nous offre une voix pure, parfois tranchante, qui contraste avec le côté électro alarmant. (Like a pen).

Dans ses yeux profonds, on peut y voit des arbres courbés, des invitations au songe, au mouvement, des romances braisées
(heartbeats, mollement repris par José Gonzalès, dans l'album Deep cuts que je n'ai globalement pas apprécié), des évasions, ou un étrange voyage introspectif.

Les ondes endossent des habits de lumière qui surprennent toujours les ténèbres répétitifs. Le coeur du rythme, dynamique, est parfois dissimulé sous une horde de voix chevrotantes mais contrôlées.

Sur une cape brumeuse, la pression atmosphérique de leur base sonore donne un rythme pluvial, soutenue par des voix qui se perdent dans des dédales de notes enfantines.
The Knife engage une joute mentale, paradoxale, de berceuses et de réveils saccadés et irréguliers, et nous invite à un jeu de rôle étonnant ( notamment dans One hit ).

Nouvel opus, Tomorrow, in a year, accrocheuse dilatation temporelle, prévu fin février, est déjà en écoute intégrale sur Fairtilizer, me chuchote le Flux. Oh.

vendredi 29 janvier 2010

Gingers have no soul.

En cet apogée du flux abondant qui traverse les générations et qui se fait indispensable à notre culture ( je ne parle pas de menstruations ), il est désormais important de garder un pied dans la réalité, ou une main, ce que vous voulez.
La mode est donc à l'étalage massif de détails sans intérêt afin de contextualiser.

Je suis donc heureuse de vous exposer qu'en ce matin ensoleillé et pollué à Milan, je me réveille doucement grâce au doux sachet plastique qu' **** agite frénétiquement pour y trouver je ne sais quelle culotte antique.
Je ne l'arrête pas dans son élan car dans son pays, c'est peut-être une manière de jouer de la musique.

Je mange une tasse de thé et sirote des petits gâteaux en écrivant des pamphlets haineux sur les juifs et les roux.
Je lis la presse en ligne et verse une larme à propos de l'amputation massive des victimes d'Haïti et le témoignage d'une One-arm petite fille, qui se demande comment elle fera sa lessive.

Même dans la douleur elle pense à sa condition féminine. Je vomis dans mes corn-flakes.

Je note que la nouvelle mode FB n'est plus ni au poney, ni au vagin, mais à l'acrimonie des roux, qui se présente sous toute forme.
Le site social est un outil de contrôle des masses vraiment très performant.
Hitler aurait sûrement pris son abonnement à Frits. Heil Caramba.

Sinon je suis enceinte. Et ma maman française me manque.

Avant d'aller côtoyer la misère des rues qui contrastent avec des boutiques de vêtements luxueux pour animaux de compagnie, je vous livre ma daily-playlist.



See you all - Koudlam
Serge Gainsbourg - Lemon incest
The blood bells chime - Current 93
Heartbeats - The knife
Shadow of a man - Bedouin soundclash
Wohlwill strasse - Friska Viljor
Opal - SayCet
Car - Built to spill
C'mere - Interpol
Florida logic - Cougar




jeudi 28 janvier 2010

Challenge, accepted.

Hier. Cette beuverie spontanée, fut signe d'une étroite collaboration avec Sara et Nina signée en faveur de mon bien-être moral.
Nous parlâmes d'abord sexualité. Tailles des pénis de nos amis. Bam.
C'est très sain, oui, et constructif. Entre filles. Comme dans les films pour vieilles, avec du vin dans des jolis verres ballonnés, comme mon ventre.

Je compte la fréquence d'emploi de mes mots, je parle beaucoup de vieillesse.
Je déteste les papiers froissés par terre, c'est horripilant.

Puis dans un tournant stratégique la conversation s'orienta sur des portraits à caractère psychologique, pour finir dans un capharnaüm de philosophie de bas-étage. Tout cela dans un anglais à faire pâlir un Corse. Nous fûmes extrêmement intelligentes. Comme Pierre.
Nous appelâmes Coline mais si occupée fût-elle qu'elle refusa. Le motif était sexuel bien entendu. Random stories.

mon corps s'est mu. Non pas seulement pour remplir la fonction essentielle de relier un point A à un point B. Nous avons fais de la corde à sauter. Sans la corde.
Je donne une explication à cette bizarrerie. Sara donne des cours d'aérobic dans une école allemande à Milan. Je ne sais pas si c'était un secret ? Ça ne l'est plus. Nous avons donc testé son pouvoir décisif et autoritaire de professeur dans la cuisine.
Insultez-moi en allemand.

Nous finîmes avec une conversation décousue sur le film de Coline Serreau - La belle verte. Que j'ai vu en 1996 au cinéma. Je suis vieille. HOPELA, un usage de plus.
Retour à Santa Sofia, où nous réveillâmes ce portier cher à mon cœur dont les sourires crispés firent encore une fois bon effet.
J'ai les lèvres carmin, je bois du vin.
Je rentre chez moi tâtonnant. Tire la chevillette et la bobinette cherra. Laurent.
Dobranoc.

mercredi 27 janvier 2010

Les pulls Cachemire mettent la planète en danger.



« Un conflit nucléaire régional entre l’Inde et le Pakistan, au cours duquel cent armes nucléaires d’une puissance comparable à celle de Hiroshima exploseraient, […] bouleverserait de façon significative le climat au niveau mondial pour au moins une décennie », prévient Steven Starr, auteur d’un rapport australo-japonais commandé par la Commission internationale pour la non-prolifération et le désarmement nucléaires, et intitulé « Conséquences climatiques catastrophiques des conflits nucléaires ». « Plus de cinq millions de tonnes de fumée s’élèveraient au-dessus des nuages pour former, en quelques jours, une couche de fumée stratosphérique autour de la Terre […] qui réduirait la lumière du soleil parvenant sur Terre de 7 à 10 % », ajoute-t-il.


Vu sur développementdurable.com , classé dans la catégorie "Insolite.
Damn, je m'étonne. Un mec, un peu interloqué, s'est quand même dis, "tiens, si ces vieux conflits Indo-pakistanais entraînent une guerre nucléaire, ce serait très insolite, ça ferait tout bizarre, ça chatouillerait le ventre. Hihi."

Mon dieu. Nouvelle terreur médiatique ?

Ce que j'en retiens, hmmm. Les vieilles moules monoïsées de la Ciotat vont avoir un gros chagrin avec ces 10% de soleil en moins. Oui, ça fait quand même une nette réduction des UV et du coup beaucoup moins de plaisir à lire Closer les jambes écartées sur du sable artificiel.

L'économie va basculer sur la rentabilité des instituts de beauté, le tricotage de pulls en Chine en ateliers clandestins, et donc l'engouement pour la production de riz.
Mais les cancers manqueront beaucoup au monde de la médecine.
Que demande le peuple ? Je veux dire, 100 bombes c'est rien, c'est un pétard sur la place publique, ça effraie personne ça. Alors du coup on parle encore d'écologie, c'est fashion.

Sinon sur le plan humain ? Il y 'a quand même une petite phrase dans le chapeau qui fait allusion aux pertes, c'est touchant.
Oui effectivement c'est catastrophique, ça picote, mais c'est un problème mineur. Je veux dire, les indiens sont nombreux.






Lettre à l'aimant.

Il est la passion écrasée comme un vulgaire cafard. Il est le visage du temps, ridé, presque grotesque, assombri par ses haines, éteint.
Il est la vie qui s'essouffle, trompée par ses propres règles. Il désire ardemment que son malheur danse dans vos vies comme une tache d'encre sur une feuille défroissée par la pluie, que le sombre s'aventure dans toutes les rainures invisibles de votre être, que vos respirations s’espacent jusqu’à s’éteindre. Il se dessèche, elle embellit.

Elle se lève, hisse son corps dans un mouvement uniforme en hommage à la vie, elle danse.
Elle enfile ses pointes avec une sérénité ambiguë, se baisse, et se redresse en effleurant ses jambes, en un mouvement d'une beauté fragile.
Elle vole, enchaîne les entrechats, se meut avec une aisance d'oiseau, les bras si souples et sa taille mise en valeur par ses déhanchés dénués de toute vulgarité.
Il est deux heures de cette nuit sans lune, et le silence rythme ses mouvements maintenant proches de l'extase. Elle s'abandonne, s'épuise.

Sa peau luit du plaisir que lui procure cet art charnel, elle n'existe plus à l'intérieur d'elle-même. Elle n'existe plus que dans ce miroir, comme une femme de lettres que l'on peut admirer à travers ses mots et la courbure de ses lignes. Ronde comme cette perle nacrée et polie pendue autour de son cou qui caresse chacun de ses amples sauts.
Puis elle s'étend, repue de cet instant de gloire solitaire, jouissant du contact frais du bois veiné sur son dos cambrée, les bras en étoiles, comme pour implorer le ciel qu'il la place parmi les astres pour éclairer le monde.

Elle écrit sa lettre à l’amant ou l’aimé, avec la douce énergie que la danse lui a laissée, en décrivant des arabesques sur le sol.
Elle s'endort, apaisée, les paupières lissées par ce fragment de bonheur physique.

Il hoquète de la voir indépendante. Plus elle monte plus il descend. Les battements oublient de sourdre sa poitrine, il se laisse partir. De toute façon, il ne valait plus rien.

A Serious man des frères Cohen.

[ Non je ne parlerai pas d'Avatar putain. Je n'en parlerai pas. Les lunettes 3D m'ont fait pleurer les yeux.
C'est une des seules émotions fortes que m'a provoqué ce film bleuté aux dialogues travaillés.
A part la maison dans l'arbre, mais ça, du point de vue psychologique c'est normal. Endroit protégé/ confiné/position foetale/utérus de maman.

La 3D est la troisième révolution du cinéma, après le sonore et la couleur. Cette phrase me donne envie de tuer plein de petits esquimaux innocents. Allons-y. Privilégions la forme au fond, des moyens grandioses contre une minable prose. Je ne démens pas, le blockbuster est une forme de prostitution.

On aime bien l'expressionnisme, de la nature, l'ambiance colorée, le côté écologique, ou pas. Mais le " j'ai disséqué une grenouille au lycée" et la scène de cul pudique et avortée pourraient bien envoyer son quota de chrétiens en enfer. Bref, je ne parlerai pas d'Avatar, version remastérisée de Pocahontas, période bleue, Picasso, pute. ]


Anus Dei.


Donc, les frères Cohen.
Comédie dramatique qui commence par une scène sépia, dans une hutte lugubre avec des vieux édentés. Je me suis demandé un moment si nous nous étions pas trompés de salle. Et puis soudain, après ce ramassis de fanatiques en toge, un riff de guitare genre Teenmovie, suivi d'un paquet de noms juifs. Rassurés.

C'est un homme, héros moyen, pour ne pas faillir à la tradition, qui commence à avoir des difficultés dans le domaine professionnel, amoureux, familial, qui lorgne le bronzage de sa voisine lorsqu'il répare l'antenne télévisée, et qui donne sans faire exprès sa femme à un ami qui lui offre du vin pour le consoler et lui demande de compter jusqu'à dix. Respiration.
Des enfants, dont un roux. Il n'a donc pas d'âme mais reste assez touchant. Un oncle fou qui gribouille des mathématique sur un cahier relié. Et une adolescente pimbêche qui voudrait passer son temps à obtenir des cheveux soyeux. Normal quoi.

Il y' a aussi un japonais/ chinois/ coréen ( bridez les mentions inutiles) qui veut lui graisser la patte, crise de conscience et shabbat. Ça rappelle un peu les chinois qui achetaient leur diplôme en France. Mazeltov.
Tout l'univers juif est bien présent, le comique de répétition est bien manié, une petite pointe de loi de Murphy pour relever la sauce, et un léger côté absurde pour assaisonner le tout.

Sympa, à télévoir, ou charger.



Ascèse et hémoglobine.

J'accroche tout de suite un vieux tableau sorti de mon grenier, trouvé parmi les malles de vieilles idées, de cadavres exquis, de boîtes à chapeaux, de fantômes ridés, d'ours polaires. Juste féconder un tendre sourire qui me fait valser.


[prendre une main au hasard, et entamer une course folle]


Excusez-moi Monsieur. Quelle est cette ombre qui embrume votre regard ?
Puis-je vous prendre le bras. Vous menez dans la nuit intense où tout le monde se perd. Puis-je déambuler à vos côtés sous vos lumières ?
Touchez l'âpreté de ce mur, sentez vous tous ces rires mutilés ? Touchez la langueur de ces corps, sentez vous cette confiance aveugle et ces joies enfermées ?

Sautez dans cette flaque. Vous y voyez l'avenir. Elle est pourtant née des pluies du temps où tout s'effondre. Asseyez-vous sur ce banc de fer forgé, la froideur du métal contraste t' elle avec la torpeur de vos étreintes passionnées d' il y' a fort longtemps ?
Ah je me trompe, l'amour envahit encore vos doigts .
Et cette toile, ces bribes de couleurs si chaleureuses. dans ce barbouillage entendez-vous les explosions, un enfant qui court après un grand cerf-volant noir et le bruit de ses pas sur le toit du monde ?
Admirez cette femme. Ses perles s'accordent avec ses yeux, elle souffre d'une perfection maladive, son monde n'est que poussière et elle passe son temps à balayer, ainsi tout n'est plus que destruction brillante.

Mais non Monsieur je ne suis pas oiseau de mauvais augure, je vous lis le monde comme je lis le ciel, chargé mais transparent avec vue sur la mer. Je suis le noyau de la pêche, rejet permanent, mais je me gausse bien de finir abandonnée, la solitude est mon habit de lumière. Je rebondis avec joie sur l'instant, mais le futur m'est fardeau, il y' a des jours où je me fais épouvantail pour chasser tous ces corbeaux aux plumes lisses.

Croyez vous à l'amour ? Moi c'est ce qui me mènera au tombeau. Et s'il y' a un échappatoire, je me persuaderais qu'elle n'existe pas, je m'appliquerais à tout modifier pour perdre le fil, pour faire de mon existence un beau chaos. Difficile à première vue, mais pénétrons dans les rouages, et soudain plus de nuages.

S'il y' a de l'espoir je lui ligoterais les bras. Je calfeutrerais toutes les fentes de mon être pour ne rien partager, et au moment d'exploser je penserais aux trains qui vont et qui viennent, et un peu à lui.
Me trouvez vous étrange ? Je ne démens pas. Vous avez le visage d'un ange. Vous m'aimez ? Jen suis fort aise, et bien dansez maintenant.




mardi 26 janvier 2010

Moti-ovation.

Retour en Ritalie. J'ai survécu au train de nuit Paris-Milan, sa fournée de regards lubriques, et ses voyageurs à l'affut d'une orgie nocturne de compartiment. Je suis décemment prête à accomplir de grandes choses. Je planifie mes révisions toute la sainte journée, je fais des schémas, j'analyse le temps, je fourre tout ça dans des grandes cases. Je ne souffre plus de procrastination, dès lundi.

Je mange avec des gens nobles. Je rattrape le temps perdu, ma bonne Coline est mon flux RSS Erasmus.
J'écoute des barbouillages de silence en multilingue, c'est délicieux. Ça y' est, je pense à une vie décadente, l'adoration du volubile. Je pense à la Toscane, au carnaval de Venise, à la vie de bohème, chauffée au gaz Dolcevita. Je pense à mon crayon rouge-passion laissé à Poitiers.

Je respire l'air agréable de cette ville industrielle et clinquante qui se fait mienne, qui se courbe sous ma volonté d'être bien.
Ici la bonne humeur règne, les anecdotes élégantes, remplies d'alcool fort et de sexualité avec des mineurs/animaux affluent, je suis dans mon élément, les éléphants n'ont qu'à bien se tenir.

Je dois étudier. Je dois fouiller le monde pour trouver ma voie, ma voix s'éteint. Foutre. Il faut que je change l'ampoule.
Mon bureau est jonché de livres. ça sent la lessive et le café corsé.
Il y 'a aussi mon ordinateur. C'est ma plus grande faiblesse, d'ailleurs j'en parle comme s'il faisait partie de moi. Je passe le cap, je m'en détourne. Va t'en.
J'ouvre les yeux il est toujours la, mièvre et souriant, il me tend sa souris, la place sous ma main, clignote de l'écran. "Bordel laisse-moi tranquille tu gâches mon avenir, tu lacères ma motivation, tu ne respectes rien."

Je sens qu'il me répond que j'ai le choix.
Assurément, et c'est bien ça le problème, le choix. Enfermez-moi dans une pièce avec un stylo. Faites taire mes outils sociaux, mon papillonnage incessant sur Wikipédia qui m'abreuve de savoir comme une mémoire cache qui se vide au bout d'un laps de temps très limité.

C'est la grande soupe de mes faiblesses que je slurrrp à la cuillère comme un légume aseptisé de maison de retraite nourri par une infirmière mécanique. Mon esprit volète, je suis obsolète.
Stéthoscope.

Technologie, tu es le mal, tu es à mon existence ce que le pouvoir est dans les mains de tout homme, je t'haine, suppôt de Satan.
Je vais lire Le portrait de Dorian Gray. Puis faire des crises de somnambulisme aiguës pour faire peur à ma polonaise. En hébreu.

Oh boy.


Nouvelle plate-forme, nouveau blog, nouvelle vie. Un tantinet convenu comme rythme ternaire pour commencer une publication, il ne manquerait plus à cette formule, que le doux bruit d'un "lol" qui claque à vos yeux, avec de petites décorations typographiques, mais peu importe, c'est un territoire vierge, je le souille si je veux.

J'écris un blog donc je suis, je permets à un nombre de personnes X de pouvoir rentrer dans mon cerveau poussiéreux et de faire une visite des lieux. Je vous l'accorde, au début ça peut paraître un peu brouillon car ma femme de ménage est partie en villégiature en Roumanie, enfin est rentrée chez elle quoi.
Pour ceux qui, après cette délicieuse remarque, voudraient déjà me parler de flux social difficile, de déracinement douloureux et d'identité nationale, je précise que l'humour noir et la provocation sont mes pinceaux de prédilection, j'adore donner naissance à des émeutes textuelles, peindre des toiles irritantes pour qui souffre d'absence de second degré. C'est pour cela que lâchement, je n'ai pas fourni mon adresse.

Au début je voulais appeler cet élan bloguesque, "Glissement de tes reins". Je me suis dis, c'est un peu exotique, original, sensuel, les amateurs de porno vont affluer par centaine, et puis Haïti, tremblante, m'a volée la vedette, et conserver ce titre fût été de mauvais goût. Par respect pour l'actualité j'ai donc évité.
Et puisque l'air du temps est à l'usage répétitif de mots à la mode, je place ici, sur un piédestal, le mot poney. Gratuitement.

Voila en créant ce blog je prend possession du bocal, mais étant en Erasmus dans la botte de l'Europe, il faut maintenant que je trouve le temps de placer les poissons à l'intérieur. Miaou.
D'autant plus que la connexion ici n'attend pas la vitesse de frappe du cerveau de Berlusconi, et ce n'est pas mes compagnons de résidence qui me contrediront.
Mais je me sens vivement encouragée dans ma démarche par le souffle chaud de ma charmante colocataire polonaise qui se trouve juste à mes côtes, non par choix mais parce que la chambre fait la superficie de vos toilettes. Bwa.

Bref je me réinstalle mollement dans mon carcan d'amoureuse du clavardage et vous offre un pavé explicatif insipide de mes motivations, de rien, tout le plaisir est pour moi. Cette phrase regorge de mensonges.