mardi 26 octobre 2010

Entrain.

J'étais paisiblement installée dans un TQTSR, (Train qui trace sa race. Si c'est dans le dictionnaire des acronymes) le paysage défilant bien plus vite que mes idées. A ma gauche, un mec de droite que j'avais soigneusement inspecté et dont j'avais établi le portrait psychologique à base d'extraits de plantes et d'idées préconçues. Raie sur le côté, et poils craniens collés au gras gel par un acharnement maternel sur des tempes palpitantes de savoir. Un nez trop long, un pantalon trop court. Une jupe plissée et un décolleté plongeant, qui jurait avec une bouche fine semblant avoir été faite pour dire amen. WTF ?

Il me dévisage, l'oeil humide et l'air aguicheur, pendant ma lecture annuelle de Mein Kampf, ou du courrier international, peuttttimporte. A vingt ans, il en a quarante. Je sais pour qui il vote. Il ne bande jamais. Et j'engage la conversation en lissant ma moustache, et en attendant Godot.

Je lui déballe tout. Que je sais que sa maman lui choisit ses chaussettes. Qu'il fait du violoncelle, pour garder encore un peu contre lui la sensation d'avoir un instrument entre les jambes. Que quand il était petit on lui avait interdit de parler à Lise parce qu'elle était gauche, comme l'albatros. Et que les joues rouges qu'il attrapait à la campagne faisait peur à maman, tout autant que l'amitié très tendre qu'il entretenait avec un jeune étalon durant ses cours d'équitation. Equation sans inconnus, Chez les Dupont on aime les femmes, de père en fils. Je sais aussi qu'il tient un blog qui cire les mocassins d'Eric Besson. Qu'il n'a jamais montré son petit oiseau. Que les matières littéraires, c'est pour les hippies. Que ses barrières sociales ont été construites par ses parents conservateurs. Que je suis une connasse qui juge les gens au premier abord. Gare à celui qui baise Lagarde. Baisse la garde. Seigneur dieu, faute de frappe, elle est toujours vivante.

Je lui ordonne d'arrêter son master de manipulation des béchers ou des gens et en commencer un autre en orgie médiévale. Je tire sur ses boutons de manchette, souffle sur ses cheveux, JE SUIS UNE GROSSE TORNADE, attrape mon sac et dévale les escaliers de son affront. Un sourire par la fenêtre, et Jean-Emile-Paul-Antoine de la Houches s'éloigne. J'ai fait ma bonne action de la journée. Ses bonnes actions à lui, sont dans les mains de Boursorama.com.

N.


Entreprises du règne de la croissance, spéculateurs précoces, jeunes brebis dociles du capitaliste berger, vous êtes des sous-merdes.

Avec sa production d'articles de qualité, d'une variété jusque là jamais égalée, avec ses milliards de gammes attractives et simples de produits, arbres, fleurs, légumes, poissons, en passant par des hectares de vigne, de couleurs, d'insectes, d'aiguilles de pin, de crustacés, de limon, de tonnes de sable, de végétation, de formes, de couleurs, de carrés de ciel, de nuances, de céréales, la nature vous englobe, et sans chiffre d'affaire, sans notion de compétitivité, vous réduit au sombre statut d'entreprise de seconde catégorie.
Vous êtes tout au plus, la tique qui se gorge du sang de ses victimes, et dont la délocalisation annuelle, mue par le simple besoin de s'abreuver toujours plus, est le seul évènement "notable" de votre existence.

lundi 27 septembre 2010

Aux champs, la vie, la vraie.

Reprendre possession de son territoire pré-colonial après un an d'orgies romaines, d'avortements en catimini sous le règne pontifical de Saint Nazinger et trois mois de folies Niortaises, est une chose que je maîtrise tout aussi bien que les fonctions affines et l'allaitement post-partum. Ou pas. Saleté de pincement au coeur.

La barque du temps est bien arrimée, le courant est léger, je débarque. Le sol de la terre natale est encore jonché de vie d'avant, Pénélope et Télémaque sont des feignasses, les attend la route du Rom, je vous le dis.Erf. Sol jonché, donc, de billets de train/avion/concerts/cinéma/ banque, de photos cornées, de poignées de cheveux jaunis, de musiques charnues, de foutre en tube, d'ouverture d'esprit, de feuilles de cours éventrées par des traînées de bic farfelues qui enroulent des sensations autour de mes doigts, de pluie battante et de farine qui enneigent des bracelets en tissu au parfum du Sonar 2010, des prospectus tâchés de café, des plans de ville et des places pour la Scala.
Le ressac, impassible, dépose délicatement mon corps alourdi d'eau sur ce mille-feuille bordélique. Je rajoute une couche de biscuit en vidant mon sac estival. Bulletins de paie, livres rapiécés comme marqueurs de temps, cyprine en poudre, kilos de vêtements à la mode occidentale, mots doux et évidences.

Et là, assise sur ma montagne sacrée d'objets à la Alessandro jodorowsky, bam, je me fais tellement une orgie de liberté que j'écoute de la musique. Si c'est vrai. Avec des baffles et un son qui craque comme du bois sec. Et je peux danser sans penser à Dachau. Boire de la vodka sans me sentir obligée culturellement de remercier avec les yeux ma colocataire polonaise. Et aussi laisser des couverts dans la cuisine sans qu'on me les vole. Me signer de la croix devant un portrait de Luther. Prendre une douche sans chronomètre. Laisser libre cours à mon somnambulisme excentrique. Regarder du porno, des vidéos futiles et autres dérives.
(Exemple)






Et je l'avoue, j'ai même refait un jeu vidéo, Braid, que j'avais terminé il y'a deux ans, par boulimie geek. Je vous conseille d'ailleurs de le dé-elle. Les plateformes sont en 2D mais le concept est tout de même innovant. Il faut jouer subtilement avec le temps et avec le dédoublement de personne pour sortir d'un monde psyché et logique. Je vous laisse découvrir la présentation du jeu en vidéo, ça ira plus vite.




Pour télécharger Braid, ici.


Cet article est un étron dans du taffetas. Au revoir.

lundi 20 septembre 2010

Eco-logique, de la prise de conscience à la prise de contact.


Cela fait un bon moment que je réfléchis aux moyens que nous pouvons mettre en oeuvre pour nous extraire du système agro-alimentaire actuel, parce que n'en peux plus de manger des tomates calibrées. Oui, je veux devenir punk-chien, si vous voulez. Je veux porter fièrement un anneau bovin qui relient mes narines de consommatrice comme signe distinctif de ma volonté d'échapper à la mise en pâture. Et aussi, hurler la crasse du monde en buvant des Amsterdam l'oeil éteint. En fait, idéalement, j'aimerais refuser qu'on me traie de ma substance. Et pleurer librement sur la tombe des héros de notre époque tous morts-nés.

Bon plus sérieusement. L'écologie et ce word cloud qui l'entoure sont des points qui m'intéressent beaucoup mais j'ai du mal à structurer ma pensée. Je manque de maturité quant au réceptacle des divers supports que j'ai pu étudier.
Au sujet de l'industrie agro-alimentaire, j'ai regardé moult documentaires, de manière dispersée, lu un bon nombre d'articles, et aspiré tellement de points de vue différents, liés à des contextes historiques, géo-politiques, sociologiques, de l'ordre de l'individualisme, que ma réflexion est entravée et difficilement claire. Car à vrai dire, après avoir pris connaissance de tout cela, que faire ? Par où commencer ?

Je ne veux rien garder de super-flux. Juste cette peur au ventre de savoir que la nature ne survivra pas à nos attaques. Que nous sommes sortis de nos gongs pour faire de notre éco-système le simple esclave de nos besoins. Ou surbesoin qui nous laisse à penser que notre vide d'Homme sera comblé par des marchandises qui vont et viennent dans nos âmes pour s'y fixer.
Acheter fonctionne de la même manière que le LSD. L'acquisition compulsive d'objets vient se fixer sur nos récepteurs de sensations, et se substitue à de réelles envies. L'effet étant de courte durée, il faut alors recréer, innover, surpasser les lois de la nature.
Il faut rendre les gens heureux, leur trouver un rôle dans la société du spectacle avec une place sur scène qui ne leur permette pas d'entrevoir les ficelles qui les meuvent. Il faut leur montrer du bonheur coloré, du rêve en bouteille de 75ml, des packs de sourires et un confort de vie et de conduite installés au volant d'une toute nouvelle voiture. Il faut leur offrir un produit qui guide chaque minute de leur quotidien, il ne faut laisser aucun blanc dans la partition. ( Les murs de ma joie sont faits de purée mousseline ) Il faut compacter le temps, qu'ils finissent par croire que l'eau a toujours été dans le robinet, que le steak pousse sur un arbre et que le poisson pané possédait déjà cette forme carrée quand il a été pêché.

Et je ne m'extraie pas de mon discours. A quand remonte la dernière fois où j'ai penser à une chèvre ou une vache en buvant mon lait le matin, impassible, assise devant ma brique de carton ? Je me surprend même à pester quand un produit n'est plus en rayon, sans même songer un seul instant aux étapes de fabrication du produit, qui vient probablement des 4 coins du globe.
Alors évidemment, installée dans un meublé Ikea, tapotant sur un écran de Notebook, sirotant de l'eau en plastique pendant que je déblatère comme une mémé, vous allez me trouver un peu gonflée de vous parler de mes aspirations héroïques pour une décroissance.

Et je crois que tout le problème vient de là. Nous sommes si bien ancrés dans une société de consommation qui nous berce comme une douce mère, qui englobe si bien notre vie quotidienne, que la seule volonté de trouver une alternative implique de faire table rase. Je pense qu'il faut faire un historique rapide et prêter attention à tout ce qui nous semble désormais naturel et nécessaire.

On mange des pêches en hiver il y'a des mangues au Pôle Nord on produit des animaux pour les manger on accélère le temps la production il en faut plus on fait des expériences on triture la nature les poulets sous plastique depuis des mois pas inquiétant on a instauré des dates de péremption il y'a les moyens de transports supersoniques bientôt la voiture sans conducteur youpi on emballe l'emballage de l'emballage de l'emballage des denrées on transporte cela sur des kilomètres on importe on exporte on congèle on transporte on décongèle on colore on rajoute des ingrédients on modifie génétiquement on est les rois du pétrole AAAAAAAAAAAHAHAHA on bétonne on modifie le paysage on déboise eau non potable on pollue on s'en fouuuuuuut taxes l'argent n'a pas de frontière transactions tout est un produit nécessaire on en a besoin flux incessants on produit du carton du plastique ça s’amasse ça grouille d'objets, ça ne fonctionne plus on jette on rachète vitesse technologie ça fourmille ça brille c'est neuf on le désire ça remplit nos têtes mais pour les remplir d'objets il faut les vider de leur capacité de penser on incise on remplace tout par des machines robotisé automatisé on coupe des arbres on vit sur internet ça va vite on peut acheter plus vite encore on scanne de manière autonome on va au supermarché on a plus besoin de marcher tout est là le monde à notre portée on peut tout trouver c'est géniaaaaaaaaaaal HAHAHAHHAAAAAAAAAA

EST-CE QUE QUELQU'UN A DES IDÉES BRILLANTES ? Des idées ? Je suis prête à polir, à faire reluire. (phrase de fin qui va rameuter du peuple sur mon blog. Pas besoin d'avoir fait de la stratégie de communication pour le comprendre.)



samedi 24 juillet 2010

Brique à Braque.




Vivre avec la capacité de se souvenir fait parfois le même effet que les voyages en train à correspondance avec de lourdes valises.

Si nous naissons enveloppes, peut-on affirmer que certains timbres sont oblitérés et d'autres non, ce qui explique que certains savent où ils veulent aller... et d'autres non ?

Je me demande souvent quelle est l'attitude à avoir, si ce que nous tenons pour régression est progression de l'autre.

Si j'étais coiffeuse de l'univers, je raserais consciencieusement le crâne de la Terre, et s'il faut commérer, je crierais aux poux.

Entraînez-vous à courir dans le sable. Le jour ou votre course se fera sur du bitume, vous aurez une aisance incroyable. Cela fonctionne aussi pour le bonheur. Quand cela vous est offert, entraînez-vous à être malheureux.

Ce qui appesantie une relation, c'est la souffrance de savoir que nous ne pourrons jamais être totalement l'autre et que la perte de précision à chaque strate de communication empêche indéniablement de l'apaiser.

La religion est tout aussi ennuyeuse qu'un livre dans lequel la présence d'un enfant est le seul témoignage qu'il y'a des relations sexuelles entre les personnages.

L'écologie sera le remède au gonflement des ganglions de la nature.

" - vous n'êtes pas très clair...
- Raciste ! "



Clémentine Cioran, extraits du livre " Le suicide c'est chouette".


samedi 17 juillet 2010

Un jour d'été.

Je vous préviens tout de suite : je n'ai rien à dire, alors je le dis. Je viens de lire ça dans Ébauches du vertige d'Emile Cioran, qu'il faut écrire quand on en a envie, et pas quand on en a besoin. En même temps il dit pareil pour le suicide, alors je me méfie.
Je suis malade, et j'espère que mon inspiration va être au moins aussi abondante que mes écoulements nasaux. Dehors le ciel se fait fenêtre sur l'univers, et les seuls nuages qui le jonchent sont les petits gorets qui jouent bruyamment aux quilles dans le jardin voisin. Je gis sur un lit comme un gros échinoderme. J'entend Salvador chantonner "Le travail c'est lassant, thé". Aujourd'hui je ne suis pas là. Inter Mutuelle Insouciance, votre voiture coincée au Liban attendra. Pute Serbe oligarchie chatte tréteau Mélanie Laurent. Ça parce que je viens de subir la publicité Spotify dans mes oreilles en coton. Peut-on avoir un orgasme après un viol auditif ? Je ne crois pas. Kalkbrenner cristallin entrecoupé d'une fille à entrechat qui déroule sa bobine dans une voix lancinante pour vanter le nouvel album de ça finit par un A dans la lignée des Keisha, ça me donne envie de dire aux juifs que tout est de leur faute, qu'ils avaient le Shoah.

Je veux absolument recouvrir d'un nouvel article mon post sur les kubbake, car je crois que la recherche par mots clés a fait grimper les stats de mon blog plus que le pénis des intéressés. Je prend donc ma pelle et commence à creuser la terre friable de mon esprit.
A quelques centimètres de la surface, je trouve un gros bulbe prêt à grandir. Je l'identifie : c'est un arbre de la variété des Erasmus Nostalgia Refulae. Cela ne m'étonne même pas qu'il puisse pousser dans ces terres meubles. J'avais senti ses jeunes racines puiser mon énergie, sa sève couler de mes yeux, mais j'étais un jardinier trop occupé pour m'en soucier alors cette plante à feuilles noires était restée sous terre.
A présent je sens ces premières branches poindre, sous différentes formes. Je serre les dents, j'avale le passé qui monte doucement dans ma gorge, avec un goût âcre un peu acidulé. Je suis un train désaffecté et on baise dans mon oreille. Le paysage défile à une vitesse fulgurante et j'entrevois des fragments de visages, souvent très souriants, des bribes de musique que je pourrais attribuer à un jour précis. Vols de journaux comme des oiseaux tatoués. Je me sens comme une porte à tambour, une transition, un passage emprunté où personne ne s'arrête. j'attrape une poignée de sable qui recouvre le lit, et je serre le poing pour ne laisser passer aucun grain. Mais les filets jaunes d'or passent à travers mes doigts, pêche fructueuse, et je me fais sablier. Un an pour se dire au revoir, c'est trop court. Je me venge.
J'habille Milan d'un uniforme strict, lui coupe la frange droite sur le front, l'assieds sur un banc et la place parmi mes souvenirs habillés en paillettes, couleurs flashy et bouteille à la main.
Souriez ! Flash temporel. Sur la photo Milan a les jambes décroisées dans une robe de lin blanc, les bras levés, le regard pétillant, les cheveux ébouriffés et elle brille tellement que les autres semblent un festival d'ombres chinoises derrière. Il est difficile de maquiller un beau souvenir pour l'enlaidir, afin qu'il soit moins douloureux. Sûrement parce que le maquillage lui-même ne cautionne pas un telle stupidité. Alors je ferme mes yeux, fardés pour célébrer le rien, et je me laisse recouvrir de forêts émeraudes invitant au voyage qui poussent un peu partout sur mon corps. Je vis dans la fraîcheur de ces arbres, sans regretter la chaleur du sol craquelé de l'instant présent qui envahit mon corps. Les deux ne sont agréables qu'en présence de l'autre. Je ne compare pas : j'ai compris. Je laisse défiler la diapositive de cette année, étudie le rythme, fais une pause pour vous dévisager, je ris : je vous connais.

mercredi 21 avril 2010

Tranche ton monotone.



Aussi frais qu'une pastèque en été, le webzine Branche ton Sonotone, est un excellent tuyau, voir aqueduc musical pour éviter de se noyer dans un flux de nouveautés aussi abondant que des menstrues additionnées à l'aspirine.
Pour éviter la routine sonore, l'équipe de BTS s'emploie chaque jour à fouiller le net de fond en comble pour vous dénicher les nouveautés, vous faire connaître les bijoux archaïques à coté duquel vous auriez pu passer, et les soumettre à la critique. Le support a un look rétro, épuré, et les fonctions de classement sont précises, le site est instinctif, les posts sont organisés dans différentes catégories : sons, vidéos, chroniques, divers, etc.
Ce travail collaboratif d'une vingtaine de chroniqueurs puise son efficacité dans la diversité des styles, et dans une humilité étonnante. Les articles sont parfois écrits dans un style journalistique quasi professionnel, ou décontractés, dénués de toute pédanterie (exceptés ceux de Pierro ) mais synthétiques, clairs et centrés sur un désir de faire découvrir un univers riche d'expérience auditive aux lecteurs. Et pour vous faciliter l'écoute du sujet de l'article, il y'a toujours quelques délicieux liens essaimés en fin de page.
Bref, un bon exemple d'un site collaboratif qui carbure à la cohésion, à la créatine, euh créativité, et à une organisation bien huilée, comme le corps des sexagénaires Closer à la Grande Motte.


mardi 16 mars 2010

L'Eden est un concept hippie.

Note personnelle : ce post n’a ni queue ni tête. Parfois je délaisse parfois je déleste.

Nos vies sont régies par nos divers statuts FB, et plus l’inverse, (début théâtral et consensuel, j’avais prévenu). J’utilise l’outil social informatisé comme processus de création d’un moi collectif (Dissonance et paradoxe). Je n’existe plus sans. Au même titre que sans l’information médiatique ou actualité sulfureuse dans un flux ininterrompu télévisé ou radiophonique en voiture hybride, les guerres, les effondrements de tours jumelles, les séismes, les attaques à burqa armée, Holocauste et autres drames internationaux n’ont jamais eu lieu. C’est Susan Sontag qui l’a dis. Je ne fais que spéculer à sec. Si vous êtes en colère, et pensez que mon discours et une forme désobligeante de négationnisme, vous avez tort. Mais insultez-moi en allemand, par mail.

Je n’arrive plus à me dissocier de notre société, je suis un maillon de la chienne chaine. Je me demande jusque quand j’arriverais à maintenir la tête de ma réflexion autonome hors de l’eau nauséabonde de ce système mercantile. Bon, ma volonté n’est pas de produire un discours type voix-off de l’incipit de Fight club dans une critique nihiliste irritante. Mais c’est réellement angoissant. Mon élan de marginalisation est au stade primitif, je n’arrive pas à pousser mon premier cri, encore engluée dans le placenta archétypal d’une vie rangée. Il faut que les choses changent (Hitler disait ça aussi). Je n’arrive pas à trouver ma voie, à m’insérer dans un parcours professionnalisant qui me passionne. Tracez-moi, modelez-moi. J’ai peur du monde.

Et puis j’ai un trop plein pictural. Cette sphère visuelle me soûle. Il y’a trop d’images, beaucoup trop, ça déborde de partout. C’est salissant, je mets des gants. Hier, je rentrais à Milan dans un bus bariolé, et j’ai vu un immense panneau d’affichage : locations de bureaux, avec numéro de téléphone et tutti quanti, grossièrement pendu sur les murs joufflus d’une église. Tilt. Il n’y a plus d’équilibre. Vous me direz, on peut décemment transformer un autel en bureau Ikea, il suffit de le ponce-pilater pour en arrondir les angles. Pardon. Jésus lui-même y faisait ses devoirs après l'école. "Je golgotai, tu golgotas, il Golgotà". Il a d'ailleurs pester quand il a du s'entraîner à écrire avec des trous dans les mains, il tâchait tous ses cahiers. Hihi.

Je reprends mon discours crispant, pendant que la nature crie sa douleur d’une bouche sulfureuse qui s’entrouvre sur une publicité suggestive, insolemment collée sur un monument historique. Quand je consulte mes mails, j’assiste à un foisonnement d’hyper ciblages publicitaires insidieux qui me renvoient automatiquement à mes peurs, affichant des liens tels que des sites d’orientations scolaires, de trucs et astuces pour vivre sans argent en 2011, de détournement de proxy pour regarder du porno malgré la censure de ma résidence, ou de crèmes amincissantes pour les pieds. Pour le dernier exemple, private joke, comprendra qui pourra. D’autres pourront avoir des publicités de remodelage de corps avant/après, de fesses moins capitonnées (je ne vise aucun fauteuil en particulier). Les images deviennent nos miroirs à problèmes, nos psychiatres apathiques, les analyses psychologiques que l’on a jamais demandées.

Il n’y a plus de frontières, les images se glissent dans les failles, dévorent tout sur leur passage, comme des gros bulldozers. Elles fourmillent et lézardent nos libertés dans un tremblement excessif de couleurs criardes et de polices étudiées. Ces agressions visuelles forment un kaléidoscope infernal dans mon esprit. Un amoncellement de cadavres de mes fois en l’humain jonche mon parterre aseptisé. J’ai mi foi au pluriel, que les communautés religieuses s’indignent. Je découperai volontiers le fruit défendu pour en faire une tarte aux pommes pour courroucer les puissances divines et recevoir bien plus que la maladie, la haine d’autrui, la violence, les juifs, les guerres puniques, le mal-être social, la pauvreté et les talons aiguilles. Bravo le veau (d’or). Pied de page, pied de nez. Je ne finirai pas ce post parce que le péché originel nous a aussi affublés d’une flemme générationnelle. Facile.

Mathias Malzieux - La mécanique du coeur

"Premièrement, ne touche pas à tes aiguilles. Deuxièmement, maîtrise ta colère. Troisièmement, ne te laisse jamais, au grand jamais, tomber amoureux. Car alors, pour toujours à l'horloge de ton coeur, la grande aiguille des heures transpercera ta peau, tes os imploseront, et la mécanique de ton coeur sera brisée à nouveau."

Jack nait à Edimbourg, en 1974, le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Pour le sauver, une étrange femme, sorcière à ses heures, remplace son palpitant défectueux par une horloge. Il devra en remonter le mécanisme chaque matin, et surtout, sera dans l’obligation, s’il veut vivre, de fuir toute émotion, tout sentiment. Privation qui devient difficile lorsqu’il rencontre une petite danseuse andalouse et qu’il sent que son horloge commence à s’emballer.

Mathias Malzieux, chanteur du groupe Dyonisos, dorlote sa plume dans ce conte initiatique aux contours burtoniens. L’histoire est simple mais sautillante, et l’écriture imagée, enfantine et poétique.
Les personnages sont de papier froissé, un peu claudicants, abimés, fragiles. Le livre est rythmé par des températures et l’ambiance est un chaud froid constant évoluant dans un road trip de l’Ecosse à l’Andalousie. Les sentiments sont admirablement décrits, et la légèreté pudique du conte virevolte entre les lignes-marionnettes que l’auteur ficelle avec virtuosité.
La mécanique du cœur est une ode à l’amour, une réflexion sur le sens de la vie sans son apparat sentimental. C’est aussi l’amour dans toutes ses expressions, des facettes les plus opalescentes aux plus sombres.
J’ai versé ma petite perle lacrymale, ce livre est vraiment touchant.Preuve que ma mécanique fonctionne. Eprouvez, vous aussi.

vendredi 12 mars 2010

Jónsi - Go do

Jónsi profite de la longue gestation d'un nouvel opus signé par le groupe Sigur Rós dont il est leader, pour prendre un peu son envol. Dans son autonomie musicale comme dans son clip ailé.
Des oiseaux colorés jonchent l'image, qui cliquette comme une clé hésitante dans une serrure un peu mystique. Ce défilé d'images chamarrées évolue dans une ondulation chromatique bien maitrisée. Il est ponctué d'une multitude de plumes dans les cheveux du fausset qui n'hésite pas à donner dans l'aigu, sans ne rien fausser.
Le rythme est limpide, à la fois rythmé et apaisant. Le jeu d'émotions est clair, l'image toussote, clignote, s'émerveille dans sa collection de bouibouis maléfiques et d'amulettes de tissus. Et colle parfaitement au morceau.

La boucle instrumentale est scandée, comme un train qui tourne autour du monde et qui se charge de tout ce qu'il croise jusqu'à s'arrêter net dans sa course, essoufflé d'avoir voulu tout emporter.
Un ciel bleu s'ouvre, on sentirait presque la brise fraîche sur notre nuque et dans nos oreilles écarquillées. On y voit des grands espaces, des valises-tambours, des fenêtres ouvertes, une invitation à déployer ses sens et à amerrir délicatement sur le flux boisé des sifflements comme structure partielle du morceau.
l'air cristallin de Go do donne envie de chasser la pénombre, d'ouvrir les écoutilles des existences grises, de boire du jus de pamplemousse et manger du tofu. Bon pas autant.

L'album intégral sort le 22 mars. En attendant, je vous laisse embarquer en Low cost avec l'extrait en question.
Bon voyage.

Jónsi - Go Do from Jónsi on Vimeo.

lundi 8 février 2010

BWAAAA.

Esthétique : introduction à la culture visuelle. Ne dites-rien, le titre est alléchant, oui.
L'église de scientologie est aussi un titre alléchant, et pourtant ce n'est pas un endroit où l'on étudie la teneur en sels minéraux de l'eau bénite. Djizeus Craïst.

Je dois donc entamer un sprint intellectuel pour être prête mercredi matin, à 9h. Et je crois, sans exagérer, que l'information la plus rude est celle de l'heure. C'est mon orgueil qui parle.
Comme dans toute compétition, j'ai commencé en pleine forme samedi après-midi, après trois heures de sommeil, coachée par Coline qui se farcie du Goethe sur 200 pages, et attention, les italiens ne connaissent pas les pronoms personnels. (Goethe et L'islam, La coloscopie de Goethe, Goethe et la sauce tomate, Goethe à la mer, Goethe essaye la mescaline, la mort tragique de Goethe au Futuroscope).

Le départ était rapide, puis le rythme s'est essoufflé, la fatigue m'a asséné un coup sec derrière la nuque.

Compte tenu d'une rapide inspection de ce qu'allait être mon weekend, je m'alarme à l'œil. Je vous explique.

Prenant les 2000 pages de mes quatre (normalement 6 mais.) livres philosophiques additionnés pour un 100 pages de manuel de lecture Gafi/Ratus, selon les écoles, j'étais plutôt confiante.
Très peu découragée puisqu'encore très peu éveillée, je ressentais alors un grand désir de vaincre, d'exceller.
Dans les starting-blocks, je suis passée au contrôle anti-dopage, après avoir bu trois cafés (pas ceux de Nina, j’en avais marc. Je peux critiquer sa caféine elle mange des glaces à Sydney).

J'ai pourtant failli passer positive au contrôle psoriasis, ayant repris des forces avant l'épreuve dans le lit de l'absent et maladif colocataire de Coline. (Le psoriasis est une maladie dermique en parti génétique gnagna, ça s'attrape pas en dormant dans une couette à motif tasse à jardin et chaise de café gnagna. C'est un article pour décompresser car je suis une biscotte, je craque. Vas lire Sciences et Vie, laisse-moi).
La polocataire fait des bulles de chewing-gum, l'illusion de la nourriture. Ses ancêtres lui ont sûrement transmis les trucs et astuces.

Sinon, quelques conseils pour écrire un bouquin et le vendre à ses élèves.

[Oui cela se passe ainsi en Italie, on "propose", en lecture "obligatoire", des livres écrits par nous même, professeurs à vestons/coudes/pièces, ecco qua/ appunto no/ heeeeu, titulaires depuis 47 ans en chaire universitaire. Ce n'est plus un transfert de savoir mais du marketing, je vous l'accorde. Vive l'auto-citation. On se gargarise de l'immensité de notre savoir, masturbation d'ego, et on vend nos livres à 34 euros à 300 élèves, qui ne les pourront revendre qu'à 30% du prix initial. Cette phrase n'est pas un cri d'angoisse.]

1-N'essayez pas du tout d'être explicatif, vous êtes un grand penseur, les manuels sont inutiles pour les étudiants, ils lisent parce qu'ils savent déjà.

2-Concoctez un agglomérat de référence à des philosophes, à raison de deux par lignes, alternés avec quelques mots un peu plus simple à comprendre, en allemand, bildwissenschaft, et surtout, du latin, des tonnes de latin, ça éclaircit le texte avec un halo de mystère. Ah ?
De préférence, choisissez des philosophes avec des idées parfaitement opposées. Cela permet de décourager l'élève, qui passera beaucoup plus de temps à comprendre ces arguments antithétiques qu'à douter de la véracité et de la pertinence de vos propos.

3- Faites des métaphores avec des chrysalides et des papillons.

J’ai actuellement terminé Théories de l’image, le débat contemporain. 400 pages très constructives. Tellement constructives que j’ai soigneusement tout plié et rangé dans un coin de mes tiroirs cérébraux, pour ne rien avoir à partager. Non même pas avec vous, herr professor.

Et je suis donc en pause. Pas par choix. Il y’ a un concert de Ramnstein à deux chambres de la mienne. Et puis les voisins du dessus font un match de basket / jouent de la batterie à même le sol, avec une batte de base-ball/ ont invité chez eux tous les contacts Facebook/ élèvent un réseau social de cochons d’inde angoras qui circulent dans des centaines de tuyaux translucides et de roues en métal.

Je passe donc des petits coups de téléphone anonymes. Je suis le méchant corbeau français, crrrrrrrrrrr. Ou je pousse des hurlements Shining. Autant vous dire qu'aucun des deux ne marche.

Je descends donc me chercher un café. Silence pesant dans l’ascenseur. Je le remplis. Le silence pas l’ascenseur.

« Un jour, j’ai fais pipi dans un restaurant chic ». Owf, je n’aurais pas du le remplir autant. Putain, cerveau qu’est ce qu’il t’a pris ? Je croyais qu’on était amis toi et moi, je t’offre une pause libre d’iconoclastie et de diktats dogmatiques et c’est comme ça que tu me remercies ? Bon, ce n’est qu’un faux pas, il n’a pas du comprendre. Quoique, vu la manière dont il s’est précipité hors de l’ascenseur, il y a de fortes chances qu’il ait saisi l’enjeu de cet aveu.

Je m’en fiche. Je suis libre de toute pression sociale. Je prononce le mot Péloponnèse, cela me détend beaucoup. Je vais maintenant lire "Tableaux et larmes, histoire des gens qui ont pleuré devant un tableau". Connards d'attardés émotifs. En sachant qu'avec un défaut de fabrication, environ 20% des pages du livre sont collées ensemble et donc illisibles.

C'est encore une fois la tête basse que je passerai la ligne d'arrivée.

dimanche 31 janvier 2010

Au café des collines.

Il existe un endroit fantasmagorique, épicentre de toute débauche, ici, à Milan. Je tiendrai secret le nom de l'établissement pour le respect de tous.
L'on s'y rencontre pour discuter, s'écouter, partager, s'enfumer, et parfois même, la nuit venue, pour copuler. Parapluie.

La décoration est feutrée, soit quelques cadavres de bouteilles qui jonchent le sol, un vieux téléphone, et des plants de menthe qui se dessèchent sur le comptoir.
Les fréquentations sont délicieuses, décadentes, les anecdotes internationales. Les harengs trempés dans du café sont plus sains que les tartines mouillées de chocolat chaud, le matin.

On y écoute des bouses musicales sous l'œil horrifié des anglais, mais aussi d'excellents disques, des sons psychédéliques.
On gesticule, on fait des aveux étonnants puis on se mord les lèvres.
Vient une heure où Serge Gainsbourg enflamme les français, qui, patriotiques, finissent par chanter du Sardou, une main sur le coeur, l'autre sur la bouche de ceux qui chantent faux.

L'eau gazeuse, le citron et le sucre roux, ont disparu depuis longtemps des Mojito, seul le rhum subsiste et enivre les esprits.

Le service est soigné, la maîtresse de maison, hédoniste, sait se faire discrète.
Elle s'exile la plupart du temps, dans ce qu'on peut prendre pour un bureau, avec un assistant différent chaque semaine, et feint d'être étudiante en philosophie.

Amateurs de camomille et masculins, les gérants, dont la chambre est à côté du bureau de Madame, dorment ensemble sous le regard tendre d'un Jésus baignant dans un vieux poster de triptyque religieux et de ce bon vieux Mussolini, affichés à côté d'une croix de cristal, imposante, qui écrase la pièce.

Sur la table de chevet, une collection de livres sur l'avortement, le génocide inavoué, le blasphème incombustible, conservée droite et fière par un aigle en acier qui surplombe le tout.
Bref, un endroit parfait pour que des couples profitent du lit King size et ne soient qu'amour et fascisme sexuel le temps d'un songe, avec la bénédiction des propriétaires. Ou pas.

C'est pour cela que l'appareil photo de la gérante regorge de photographies du lit à l'état initial, avec les ébats divers et variés, pour mémoriser la position exacte des draps et les poils pubiens qui étaient déjà la. Le fétichisme des draps, homosexualité, le combat du tabou, et les affiches néo-nazis remplissent le lieu et lui confèrent une aura inquiétante mais agréable.

Le lendemain, on se réveille, les yeux collés, l'anus douloureux. Le ménage doit être accompli avant que les cinglés machistes de Verona débarquent, sinon ce pourrait être une situation extrêmement difficile à gérer.

Bref, une adresse à recommander.

samedi 30 janvier 2010

The knife

L'album Silent Shout (2006) est à mes yeux, enfin à mon appareil auditif, un magnifique prologue notable, de la pléiade offerte à nos oreilles engourdies par le familial The knife.

Si les visages de ces deux suédois sont souvent masqués dans leurs prestations scéniques, leur musique elle, tant bien mystérieuse que spontanée, est totalement dévoilée, sans aucune entrave auditive.

Le mélange des genres est osé, et l'excellent Silent Shout, première piste de l'album, est une mixture initiale qui montre que les ingrédients utilisés rassasient une faim de puissance rythmique.

Le faciès de leur musicalité est parfois dur, parfois détendu.
Ses traits sonores sont d'acier ou moelleux, et sa bouche nous offre une voix pure, parfois tranchante, qui contraste avec le côté électro alarmant. (Like a pen).

Dans ses yeux profonds, on peut y voit des arbres courbés, des invitations au songe, au mouvement, des romances braisées
(heartbeats, mollement repris par José Gonzalès, dans l'album Deep cuts que je n'ai globalement pas apprécié), des évasions, ou un étrange voyage introspectif.

Les ondes endossent des habits de lumière qui surprennent toujours les ténèbres répétitifs. Le coeur du rythme, dynamique, est parfois dissimulé sous une horde de voix chevrotantes mais contrôlées.

Sur une cape brumeuse, la pression atmosphérique de leur base sonore donne un rythme pluvial, soutenue par des voix qui se perdent dans des dédales de notes enfantines.
The Knife engage une joute mentale, paradoxale, de berceuses et de réveils saccadés et irréguliers, et nous invite à un jeu de rôle étonnant ( notamment dans One hit ).

Nouvel opus, Tomorrow, in a year, accrocheuse dilatation temporelle, prévu fin février, est déjà en écoute intégrale sur Fairtilizer, me chuchote le Flux. Oh.

vendredi 29 janvier 2010

Gingers have no soul.

En cet apogée du flux abondant qui traverse les générations et qui se fait indispensable à notre culture ( je ne parle pas de menstruations ), il est désormais important de garder un pied dans la réalité, ou une main, ce que vous voulez.
La mode est donc à l'étalage massif de détails sans intérêt afin de contextualiser.

Je suis donc heureuse de vous exposer qu'en ce matin ensoleillé et pollué à Milan, je me réveille doucement grâce au doux sachet plastique qu' **** agite frénétiquement pour y trouver je ne sais quelle culotte antique.
Je ne l'arrête pas dans son élan car dans son pays, c'est peut-être une manière de jouer de la musique.

Je mange une tasse de thé et sirote des petits gâteaux en écrivant des pamphlets haineux sur les juifs et les roux.
Je lis la presse en ligne et verse une larme à propos de l'amputation massive des victimes d'Haïti et le témoignage d'une One-arm petite fille, qui se demande comment elle fera sa lessive.

Même dans la douleur elle pense à sa condition féminine. Je vomis dans mes corn-flakes.

Je note que la nouvelle mode FB n'est plus ni au poney, ni au vagin, mais à l'acrimonie des roux, qui se présente sous toute forme.
Le site social est un outil de contrôle des masses vraiment très performant.
Hitler aurait sûrement pris son abonnement à Frits. Heil Caramba.

Sinon je suis enceinte. Et ma maman française me manque.

Avant d'aller côtoyer la misère des rues qui contrastent avec des boutiques de vêtements luxueux pour animaux de compagnie, je vous livre ma daily-playlist.



See you all - Koudlam
Serge Gainsbourg - Lemon incest
The blood bells chime - Current 93
Heartbeats - The knife
Shadow of a man - Bedouin soundclash
Wohlwill strasse - Friska Viljor
Opal - SayCet
Car - Built to spill
C'mere - Interpol
Florida logic - Cougar




jeudi 28 janvier 2010

Challenge, accepted.

Hier. Cette beuverie spontanée, fut signe d'une étroite collaboration avec Sara et Nina signée en faveur de mon bien-être moral.
Nous parlâmes d'abord sexualité. Tailles des pénis de nos amis. Bam.
C'est très sain, oui, et constructif. Entre filles. Comme dans les films pour vieilles, avec du vin dans des jolis verres ballonnés, comme mon ventre.

Je compte la fréquence d'emploi de mes mots, je parle beaucoup de vieillesse.
Je déteste les papiers froissés par terre, c'est horripilant.

Puis dans un tournant stratégique la conversation s'orienta sur des portraits à caractère psychologique, pour finir dans un capharnaüm de philosophie de bas-étage. Tout cela dans un anglais à faire pâlir un Corse. Nous fûmes extrêmement intelligentes. Comme Pierre.
Nous appelâmes Coline mais si occupée fût-elle qu'elle refusa. Le motif était sexuel bien entendu. Random stories.

mon corps s'est mu. Non pas seulement pour remplir la fonction essentielle de relier un point A à un point B. Nous avons fais de la corde à sauter. Sans la corde.
Je donne une explication à cette bizarrerie. Sara donne des cours d'aérobic dans une école allemande à Milan. Je ne sais pas si c'était un secret ? Ça ne l'est plus. Nous avons donc testé son pouvoir décisif et autoritaire de professeur dans la cuisine.
Insultez-moi en allemand.

Nous finîmes avec une conversation décousue sur le film de Coline Serreau - La belle verte. Que j'ai vu en 1996 au cinéma. Je suis vieille. HOPELA, un usage de plus.
Retour à Santa Sofia, où nous réveillâmes ce portier cher à mon cœur dont les sourires crispés firent encore une fois bon effet.
J'ai les lèvres carmin, je bois du vin.
Je rentre chez moi tâtonnant. Tire la chevillette et la bobinette cherra. Laurent.
Dobranoc.

mercredi 27 janvier 2010

Les pulls Cachemire mettent la planète en danger.



« Un conflit nucléaire régional entre l’Inde et le Pakistan, au cours duquel cent armes nucléaires d’une puissance comparable à celle de Hiroshima exploseraient, […] bouleverserait de façon significative le climat au niveau mondial pour au moins une décennie », prévient Steven Starr, auteur d’un rapport australo-japonais commandé par la Commission internationale pour la non-prolifération et le désarmement nucléaires, et intitulé « Conséquences climatiques catastrophiques des conflits nucléaires ». « Plus de cinq millions de tonnes de fumée s’élèveraient au-dessus des nuages pour former, en quelques jours, une couche de fumée stratosphérique autour de la Terre […] qui réduirait la lumière du soleil parvenant sur Terre de 7 à 10 % », ajoute-t-il.


Vu sur développementdurable.com , classé dans la catégorie "Insolite.
Damn, je m'étonne. Un mec, un peu interloqué, s'est quand même dis, "tiens, si ces vieux conflits Indo-pakistanais entraînent une guerre nucléaire, ce serait très insolite, ça ferait tout bizarre, ça chatouillerait le ventre. Hihi."

Mon dieu. Nouvelle terreur médiatique ?

Ce que j'en retiens, hmmm. Les vieilles moules monoïsées de la Ciotat vont avoir un gros chagrin avec ces 10% de soleil en moins. Oui, ça fait quand même une nette réduction des UV et du coup beaucoup moins de plaisir à lire Closer les jambes écartées sur du sable artificiel.

L'économie va basculer sur la rentabilité des instituts de beauté, le tricotage de pulls en Chine en ateliers clandestins, et donc l'engouement pour la production de riz.
Mais les cancers manqueront beaucoup au monde de la médecine.
Que demande le peuple ? Je veux dire, 100 bombes c'est rien, c'est un pétard sur la place publique, ça effraie personne ça. Alors du coup on parle encore d'écologie, c'est fashion.

Sinon sur le plan humain ? Il y 'a quand même une petite phrase dans le chapeau qui fait allusion aux pertes, c'est touchant.
Oui effectivement c'est catastrophique, ça picote, mais c'est un problème mineur. Je veux dire, les indiens sont nombreux.






Lettre à l'aimant.

Il est la passion écrasée comme un vulgaire cafard. Il est le visage du temps, ridé, presque grotesque, assombri par ses haines, éteint.
Il est la vie qui s'essouffle, trompée par ses propres règles. Il désire ardemment que son malheur danse dans vos vies comme une tache d'encre sur une feuille défroissée par la pluie, que le sombre s'aventure dans toutes les rainures invisibles de votre être, que vos respirations s’espacent jusqu’à s’éteindre. Il se dessèche, elle embellit.

Elle se lève, hisse son corps dans un mouvement uniforme en hommage à la vie, elle danse.
Elle enfile ses pointes avec une sérénité ambiguë, se baisse, et se redresse en effleurant ses jambes, en un mouvement d'une beauté fragile.
Elle vole, enchaîne les entrechats, se meut avec une aisance d'oiseau, les bras si souples et sa taille mise en valeur par ses déhanchés dénués de toute vulgarité.
Il est deux heures de cette nuit sans lune, et le silence rythme ses mouvements maintenant proches de l'extase. Elle s'abandonne, s'épuise.

Sa peau luit du plaisir que lui procure cet art charnel, elle n'existe plus à l'intérieur d'elle-même. Elle n'existe plus que dans ce miroir, comme une femme de lettres que l'on peut admirer à travers ses mots et la courbure de ses lignes. Ronde comme cette perle nacrée et polie pendue autour de son cou qui caresse chacun de ses amples sauts.
Puis elle s'étend, repue de cet instant de gloire solitaire, jouissant du contact frais du bois veiné sur son dos cambrée, les bras en étoiles, comme pour implorer le ciel qu'il la place parmi les astres pour éclairer le monde.

Elle écrit sa lettre à l’amant ou l’aimé, avec la douce énergie que la danse lui a laissée, en décrivant des arabesques sur le sol.
Elle s'endort, apaisée, les paupières lissées par ce fragment de bonheur physique.

Il hoquète de la voir indépendante. Plus elle monte plus il descend. Les battements oublient de sourdre sa poitrine, il se laisse partir. De toute façon, il ne valait plus rien.

A Serious man des frères Cohen.

[ Non je ne parlerai pas d'Avatar putain. Je n'en parlerai pas. Les lunettes 3D m'ont fait pleurer les yeux.
C'est une des seules émotions fortes que m'a provoqué ce film bleuté aux dialogues travaillés.
A part la maison dans l'arbre, mais ça, du point de vue psychologique c'est normal. Endroit protégé/ confiné/position foetale/utérus de maman.

La 3D est la troisième révolution du cinéma, après le sonore et la couleur. Cette phrase me donne envie de tuer plein de petits esquimaux innocents. Allons-y. Privilégions la forme au fond, des moyens grandioses contre une minable prose. Je ne démens pas, le blockbuster est une forme de prostitution.

On aime bien l'expressionnisme, de la nature, l'ambiance colorée, le côté écologique, ou pas. Mais le " j'ai disséqué une grenouille au lycée" et la scène de cul pudique et avortée pourraient bien envoyer son quota de chrétiens en enfer. Bref, je ne parlerai pas d'Avatar, version remastérisée de Pocahontas, période bleue, Picasso, pute. ]


Anus Dei.


Donc, les frères Cohen.
Comédie dramatique qui commence par une scène sépia, dans une hutte lugubre avec des vieux édentés. Je me suis demandé un moment si nous nous étions pas trompés de salle. Et puis soudain, après ce ramassis de fanatiques en toge, un riff de guitare genre Teenmovie, suivi d'un paquet de noms juifs. Rassurés.

C'est un homme, héros moyen, pour ne pas faillir à la tradition, qui commence à avoir des difficultés dans le domaine professionnel, amoureux, familial, qui lorgne le bronzage de sa voisine lorsqu'il répare l'antenne télévisée, et qui donne sans faire exprès sa femme à un ami qui lui offre du vin pour le consoler et lui demande de compter jusqu'à dix. Respiration.
Des enfants, dont un roux. Il n'a donc pas d'âme mais reste assez touchant. Un oncle fou qui gribouille des mathématique sur un cahier relié. Et une adolescente pimbêche qui voudrait passer son temps à obtenir des cheveux soyeux. Normal quoi.

Il y' a aussi un japonais/ chinois/ coréen ( bridez les mentions inutiles) qui veut lui graisser la patte, crise de conscience et shabbat. Ça rappelle un peu les chinois qui achetaient leur diplôme en France. Mazeltov.
Tout l'univers juif est bien présent, le comique de répétition est bien manié, une petite pointe de loi de Murphy pour relever la sauce, et un léger côté absurde pour assaisonner le tout.

Sympa, à télévoir, ou charger.



Ascèse et hémoglobine.

J'accroche tout de suite un vieux tableau sorti de mon grenier, trouvé parmi les malles de vieilles idées, de cadavres exquis, de boîtes à chapeaux, de fantômes ridés, d'ours polaires. Juste féconder un tendre sourire qui me fait valser.


[prendre une main au hasard, et entamer une course folle]


Excusez-moi Monsieur. Quelle est cette ombre qui embrume votre regard ?
Puis-je vous prendre le bras. Vous menez dans la nuit intense où tout le monde se perd. Puis-je déambuler à vos côtés sous vos lumières ?
Touchez l'âpreté de ce mur, sentez vous tous ces rires mutilés ? Touchez la langueur de ces corps, sentez vous cette confiance aveugle et ces joies enfermées ?

Sautez dans cette flaque. Vous y voyez l'avenir. Elle est pourtant née des pluies du temps où tout s'effondre. Asseyez-vous sur ce banc de fer forgé, la froideur du métal contraste t' elle avec la torpeur de vos étreintes passionnées d' il y' a fort longtemps ?
Ah je me trompe, l'amour envahit encore vos doigts .
Et cette toile, ces bribes de couleurs si chaleureuses. dans ce barbouillage entendez-vous les explosions, un enfant qui court après un grand cerf-volant noir et le bruit de ses pas sur le toit du monde ?
Admirez cette femme. Ses perles s'accordent avec ses yeux, elle souffre d'une perfection maladive, son monde n'est que poussière et elle passe son temps à balayer, ainsi tout n'est plus que destruction brillante.

Mais non Monsieur je ne suis pas oiseau de mauvais augure, je vous lis le monde comme je lis le ciel, chargé mais transparent avec vue sur la mer. Je suis le noyau de la pêche, rejet permanent, mais je me gausse bien de finir abandonnée, la solitude est mon habit de lumière. Je rebondis avec joie sur l'instant, mais le futur m'est fardeau, il y' a des jours où je me fais épouvantail pour chasser tous ces corbeaux aux plumes lisses.

Croyez vous à l'amour ? Moi c'est ce qui me mènera au tombeau. Et s'il y' a un échappatoire, je me persuaderais qu'elle n'existe pas, je m'appliquerais à tout modifier pour perdre le fil, pour faire de mon existence un beau chaos. Difficile à première vue, mais pénétrons dans les rouages, et soudain plus de nuages.

S'il y' a de l'espoir je lui ligoterais les bras. Je calfeutrerais toutes les fentes de mon être pour ne rien partager, et au moment d'exploser je penserais aux trains qui vont et qui viennent, et un peu à lui.
Me trouvez vous étrange ? Je ne démens pas. Vous avez le visage d'un ange. Vous m'aimez ? Jen suis fort aise, et bien dansez maintenant.




mardi 26 janvier 2010

Moti-ovation.

Retour en Ritalie. J'ai survécu au train de nuit Paris-Milan, sa fournée de regards lubriques, et ses voyageurs à l'affut d'une orgie nocturne de compartiment. Je suis décemment prête à accomplir de grandes choses. Je planifie mes révisions toute la sainte journée, je fais des schémas, j'analyse le temps, je fourre tout ça dans des grandes cases. Je ne souffre plus de procrastination, dès lundi.

Je mange avec des gens nobles. Je rattrape le temps perdu, ma bonne Coline est mon flux RSS Erasmus.
J'écoute des barbouillages de silence en multilingue, c'est délicieux. Ça y' est, je pense à une vie décadente, l'adoration du volubile. Je pense à la Toscane, au carnaval de Venise, à la vie de bohème, chauffée au gaz Dolcevita. Je pense à mon crayon rouge-passion laissé à Poitiers.

Je respire l'air agréable de cette ville industrielle et clinquante qui se fait mienne, qui se courbe sous ma volonté d'être bien.
Ici la bonne humeur règne, les anecdotes élégantes, remplies d'alcool fort et de sexualité avec des mineurs/animaux affluent, je suis dans mon élément, les éléphants n'ont qu'à bien se tenir.

Je dois étudier. Je dois fouiller le monde pour trouver ma voie, ma voix s'éteint. Foutre. Il faut que je change l'ampoule.
Mon bureau est jonché de livres. ça sent la lessive et le café corsé.
Il y 'a aussi mon ordinateur. C'est ma plus grande faiblesse, d'ailleurs j'en parle comme s'il faisait partie de moi. Je passe le cap, je m'en détourne. Va t'en.
J'ouvre les yeux il est toujours la, mièvre et souriant, il me tend sa souris, la place sous ma main, clignote de l'écran. "Bordel laisse-moi tranquille tu gâches mon avenir, tu lacères ma motivation, tu ne respectes rien."

Je sens qu'il me répond que j'ai le choix.
Assurément, et c'est bien ça le problème, le choix. Enfermez-moi dans une pièce avec un stylo. Faites taire mes outils sociaux, mon papillonnage incessant sur Wikipédia qui m'abreuve de savoir comme une mémoire cache qui se vide au bout d'un laps de temps très limité.

C'est la grande soupe de mes faiblesses que je slurrrp à la cuillère comme un légume aseptisé de maison de retraite nourri par une infirmière mécanique. Mon esprit volète, je suis obsolète.
Stéthoscope.

Technologie, tu es le mal, tu es à mon existence ce que le pouvoir est dans les mains de tout homme, je t'haine, suppôt de Satan.
Je vais lire Le portrait de Dorian Gray. Puis faire des crises de somnambulisme aiguës pour faire peur à ma polonaise. En hébreu.

Oh boy.


Nouvelle plate-forme, nouveau blog, nouvelle vie. Un tantinet convenu comme rythme ternaire pour commencer une publication, il ne manquerait plus à cette formule, que le doux bruit d'un "lol" qui claque à vos yeux, avec de petites décorations typographiques, mais peu importe, c'est un territoire vierge, je le souille si je veux.

J'écris un blog donc je suis, je permets à un nombre de personnes X de pouvoir rentrer dans mon cerveau poussiéreux et de faire une visite des lieux. Je vous l'accorde, au début ça peut paraître un peu brouillon car ma femme de ménage est partie en villégiature en Roumanie, enfin est rentrée chez elle quoi.
Pour ceux qui, après cette délicieuse remarque, voudraient déjà me parler de flux social difficile, de déracinement douloureux et d'identité nationale, je précise que l'humour noir et la provocation sont mes pinceaux de prédilection, j'adore donner naissance à des émeutes textuelles, peindre des toiles irritantes pour qui souffre d'absence de second degré. C'est pour cela que lâchement, je n'ai pas fourni mon adresse.

Au début je voulais appeler cet élan bloguesque, "Glissement de tes reins". Je me suis dis, c'est un peu exotique, original, sensuel, les amateurs de porno vont affluer par centaine, et puis Haïti, tremblante, m'a volée la vedette, et conserver ce titre fût été de mauvais goût. Par respect pour l'actualité j'ai donc évité.
Et puisque l'air du temps est à l'usage répétitif de mots à la mode, je place ici, sur un piédestal, le mot poney. Gratuitement.

Voila en créant ce blog je prend possession du bocal, mais étant en Erasmus dans la botte de l'Europe, il faut maintenant que je trouve le temps de placer les poissons à l'intérieur. Miaou.
D'autant plus que la connexion ici n'attend pas la vitesse de frappe du cerveau de Berlusconi, et ce n'est pas mes compagnons de résidence qui me contrediront.
Mais je me sens vivement encouragée dans ma démarche par le souffle chaud de ma charmante colocataire polonaise qui se trouve juste à mes côtes, non par choix mais parce que la chambre fait la superficie de vos toilettes. Bwa.

Bref je me réinstalle mollement dans mon carcan d'amoureuse du clavardage et vous offre un pavé explicatif insipide de mes motivations, de rien, tout le plaisir est pour moi. Cette phrase regorge de mensonges.